Un peu d'histoire

Buhl est un village de plus de 3300 habitants à ce jour. Il est situé dans une vallée au cœur du Florival et est entouré de trois montagnes, le Schimberg, le Demberg et le Hochkopf. Une rivière, la Lauch le traverse du nord-ouest vers le sud-est, un ruisseau, le Murbächlein, y serpente d'ouest en est.

Cette vallée était probablement occupée depuis des temps très reculés, par des habitants primitifs qui se nourrissaient de baies et de plantes sauvages ainsi que des animaux qu'ils chassaient dans les forêts et les montagnes.

Les "ancêtres" étaient regroupés en tribus et occupaient, pour des raisons de sécurité, les promontoires et les collines moyennes.
On peut penser que le Schimberg, la montagne du Soleil ou Schinberg (de « schin » vieux mot signifiant soleil) a été un des premiers lieux occupés par les « Florivaliens ».

Le "Florivalien" est essentiellement chasseur et nomade.
De tous temps, les humains ont dressé leurs campements provisoires ou permanents, sur des plateaux ou collines à l'abri des inondations ou des incursions ennemies.
Dans le vallon de l'Appenthal, sur un des flancs du Schimberg se trouve un curieux monument mégalithique composé d'un alignement de 36 menhirs.
Une première mention officielle en est faite au 19éme siècle par l'historien local Charles Bourcart. Des chercheurs locaux font remonter l'origine de cet alignement aux alentours de 500 à 460 avant J.C.
En 727 le comte Eberhard d'Eguisheim fait don aux moines bénédictins des biens et des droits en leur possession en Haute et en Basse-Alsace. Parmi ces territoires figurent des terres situées dans la vallée du Florival. Il est clair que dans ce contexte, l'histoire de Buhl et les faits marquants qui s'y rapportent vont être indissociables des évènements qui vont se dérouler sur les domaines soumis à l'autorité des seigneurs de Murbach.
L'abbé impose la règle de Saint - Benoît avec la devise « Ora et Labora » (Prier et travailler).Les moines vont promouvoir l'agriculture et l'architecture. La culture de la vigne, des arbres fruitiers, l'amélioration de l'agriculture en général et l'utilisation de la pierre en tant que matériaux de construction vont être autant de vecteurs qui seront développés par ces hommes qui avaient avant tout pour mission l'implantation d'une christianisation.
Toujours est-il que le travail de bénédictin (déboisement, défrichement, exploitation de carrières de grès rouge, construction de lieux de culte et de bâtiments à usage profane) qui va être entrepris par les moines ne saurait être l'œuvre de ces seuls moines. Il ne peut être mené à bien sans une main d'œuvre d'origine autochtone ou grâce à des serfs venant d'autres territoires faisant partie du territoire abbatial. C'est ici que l'on retrouve la trace des premiers buhlois.
Le village était implanté sur un promontoire adossé au Demberg, le fameux « Kuppel ». Selon certains historiens dont L. Ehret, la paroisse de Buhl aurait été fondée au 8ème siècle.
La première mention écrite de Buhl sous le nom de « Buhele » date de 1135 et apparaît sur la charte de fondation du prieuré augustin de Goldbach établie par l'abbé Erlolf en présence de plusieurs témoins domiciliés sur les terres de l'abbaye.
Sous cette dénomination, le village va avoir plusieurs noms dérivés : Behele en 1191, Buhile en 1216, Buchele en 1222, Buhele en 1244, Böhel, Bühel, Bühell en 1260, Buckel en 1394, Buhel en 1394, Bihl en 1525 (c'est ainsi qu'on l'appelle encore dans la plaine peut être en souvenir de la guerre des paysans), Biehel en 1564, Bihel en 1650, Byhl en 1723, Bihe en 1750 et Buhl avec ou sans trémas de 1790 à ce jour.
Un orage violent qui s'abat sur le Belchental en 1304, fait du Murbachlein un torrent tumultueux. Sous la poussée des eaux, la digue du lac des pélerins se rompt et l'inondation cause d'importants dommages dans le bas du village et aux remparts de la ville de Guebwiller.

En 1349, épidémie de peste. Ce fléau se reproduira en 1439, 1502, 1556, 1564 et en 1628.

L'abbé Dietrich von Haus institut en 1441un impôt sur le vin, « der böse Pfennig » sur chaque pot de vin débité sur le territoire de l'abbaye.

Au 15ème siècle, Buhl possède trois cours colongères (Dinghöfe).
Pour information, la cour colongère sera remplacée lors de la Révolution par la cour de Justice et de Paix qui deviendra plus tard Tribunal d'Instance.

La plus grande cour colongère se trouvait près de l'église, c'est là que les habitants de Lautenbach-Zell et de Sengern viennent présenter leurs doléances. La 2° est située au centre du village où la juridiction est rendue le jour de la fête patronale. La 3° se trouve dans le haut du village (Meyerhof ?).

Ces cours colongères qui existaient dans de très nombreux villages, formaient une catégorie spéciale de propriétés rurales.
Le Dinghof appartient à un seigneur ecclésiastique ou laïc (qui pouvait être différent du seigneur du village); souvent plusieurs de ces cours se trouvaient dans le même village. Un certain nombre de paysans, 10, 15 ou plus, appelés 'Huber' cultivaient les terres, propriété de cette cour, donnaient au propriétaire des cens et fournissaient des corvées. La cour avait son propre tribunal, le "Ding", qui réglait toutes les affaires ou les différends concernant la cour, indépendamment du tribunal du village. Un économe, appelé "Meier", administrait la cour et présidait également au tribunal.
Un règlement (Dinghofrodel) régissait la cour, fixant exactement les droits et les devoirs de chacun. Les "Huber" fournissaient annuellement 10 à 12 jours de corvée, mais lors de ces journées, le seigneur devait leur donner copieusement à boire et à manger.
De 1364 à 1445, durant la guerre de Cent Ans (1337-1453), la région eut à souffrir des incursions de plusieurs bandes de soldatesque qui viennent piller et mettre à sac le pays. Les « compagnies anglaises » de 1364 à 1375 d'Enguerrand de Coucy et un peu plus tard les « Armagnacs » ou « Arme Gecken » (pauvres hères), de 1444 à 1445, anciens mercenaires du dauphin et futur Louis XI.
En 1525 éclate ce qu'on appellera la Guerre des paysans. Les paysans rebelles de Buhl se joignent à ceux de Lautenbach-Zell et de Sengern pour participer avec les paysans du Sundgau, de la Hardt et les révoltés de Soultz, au pillage et à la destruction des deux couvents des Dominicains de Guebwiller, et ce avec l'accord des membres de deux corporations de vignerons et celle des boulangers de la ville. Cette année-là, lors de la fête de Buhl (à la Saint-Jean-Baptiste), il n'y eu pas de foire, ce qui ne s'était pas produit depuis 200 ans.
Le prince-abbé Georg de Masmünster (1513-1542), malgré les exactions de ses sujets en 1525, fait preuve d'une politique de conciliation et fait construire la nouvelle Warthlauben (Kornhaus ou Kaufhaus) en 1532. C'était une fort belle maison qui a coûté cher. Ce magasin à blé et magasin de vente se trouvaient à l'emplacement de la mairie actuelle (immeuble entièrement rénové en 1807). Attenant au bâtiment occupé par l'ancienne mairie, était situé un corps de garde. En 1934 on parle encore d'un corps de garde situé au 82 rue Florival qui servait de prison municipale de jour.

En 1542 décède Peter Rimlin (appelé aussi Rimely). Sa métairie comprenait tout le vallon de Murbach jusqu'au Hugstein. A son décès, le "Rimlins'hof" revient à l'abbaye de Murbach.

1550 - Buhl compte 46 feux (foyers) soit environ une population de 280 âmes.
1618-1648 - Guerre de Trente Ans - Les évènements qui vont se dérouler entre les années 1632 et 1640 à Buhl, dans le bailliage de Guebwiller et sur tout le territoire de l'abbaye de Murbach, vont être sensiblement identiques à ce qui va se passer en Haute-Alsace et en Alsace en général. Au cours de cette période, la région va tomber successivement entre les mains des Suédois, puis des Impériaux, puis des franco-suédois
En 1654-1659, sous l'impulsion de la France qui accorde des exemptions d'ordre fiscales aux immigrants venant sur les terres de Murbach dépeuplées par la guerre de Trente ans, voient arriver de nombreuses familles suisses alémaniques (canton de Lucerne) et autrichiennes (Vorarlberg et Tyrol). Cette immigration va durer jusqu'au début du XVIII°siècle et leur intégration ne posera pas de problèmes majeurs.

Le 9 août 1680 la chambre dite ‘ de Réunion ‘ du conseil Souverain d'Alsace siégeant à Brisach ratifie l'incorporation officielle à la couronne de France de la Principauté de Murbach et ce malgré les sentiments contraires du chapitre. De ce fait, les buhlois sont maintenant sujets de sa Majesté Louis roi de France et de Navarre, quatorzième du nom.

En 1686, suite à une décision du Chapitre de Murbach, construction d'un nouveau presbytère, l'ancien étant inhabitable.

Le plan cadastral de 1698 montrant les premières maisons dans l'Unterbuhl, d'abord près du château du Hugstein, habitations qui vont s'étendre le long de la Lauch pour utiliser l'énergie hydraulique nécessaire au fonctionnement des moulins, des forges et des lavoirs.

De 1698 à 1750 on fait mention de l'existence de bâtiments d'usage public tel que mairie et école sur l'Oberbuhl (ancienne maison Unternehr).

De 1696 à 1698, sur les directives de Vauban ou à l'initiative de l'abbaye de Murbach, une digue est construite au lac du Ballon assortie d'une conduite destinée à alimenter la Lauch en eaux. Ceci pour éviter les pénuries d'eau essentiellement dues à la sécheresse, et donc de régulariser le débit de la rivière pour permettre le flottage des bois et aussi le bon fonctionnement des moulins.
En 1732, assèchement du dit « lac des pélerins » qui est transformé en prés et en pâturages.

Cependant par manque d'entretien de la digue en bois dans la nuit du 20 au 21 décembre 1740, il y a rupture du barrage du lac du Ballon. L'inondation est importante et les dégâts sont très importants dans toute la vallée et en plaine.
En 1746, Buhl compte 58 foyers (maisons). On peut estimer en multipliant ce chiffre par le coefficient familial de l'époque, la population à 230 habitants.

1789, c'est l'année de la Révolution Française. Le 27 juillet, les buhlois se joignent à la Révolution et se libèrent de la tutelle de l'abbaye de Murbach. Deux cents révolutionnaires venant de Buhl envahissent Lautenbach. Ils font prisonnier le 'Stiftkuster' (sacristain de l'abbaye) Prosper de Bergeret. Les buhlois, armés de fusils, haches et gourdins avaient à leur tête des dénommés Underney (Unternehr ?) et Hossenlopp. De toute cette période, passée sous la domination de Murbach, les buhlois ne gardaient pas de bons souvenirs. Ne disaient-ils pas entre eux 'rudig wia d'r Hund vu Muarbach' (galeux comme le chien de Murbach). Ces griefs envers le chapitre de Murbach devaient être importants pour que le village de Buhl soit la première commune du Haut-Rhin à faire valoir ses droits sur les biens ecclésiastiques nationalisés en 1790.

Dans le cadre de la vente des biens nationaux à Buhl, une veuve Hossenlopp achète en 1792 le presbytère. Le Rimlishof est vendu à un certain Hiltenbrand.

François Joseph Ehkirch est le premier maire buhlois élu au suffrage démocratique.

En 1794, construction dans l'Unterbuhl du moulin Schupfer sur la Lauch, en amont de Buhl.

C'est aussi cette année-là que deux buhlois ont acquis à Colmar, trois tableaux qui étaient destinés à être détruits; ce sera le fameux retable de Buhl. (voir sous onglet « Monuments »).

En 1795, la bourgade compte 561 habitants pour 107 maisons d'habitations.

1798 – (20 mars) – « Le 30 ventôse an VI du calendrier révolutionnaire, à 10 h du matin, tous les citoyens et citoyennes de Buhl montent au Kuppel où était érigé l'autel de la Nation pour fêter la Souveraineté du Peuple. Après un vibrant hommage à la République, aux cris de « vive la République, vive la Nation », le cortège redescendit à la maison communale. » (Archives municipales – Extrait de la fête de la souveraineté du peuple).
En 1807 débute la rénovation d'un ancien bâtiment (la Warthlaube que fit construire en 1532 le prince-abbé Georg de Masmünster) au 72 rue Florival, bâtiment qui abrite l'actuelle mairie.

C'est en 1810 que débute l'ère industrielle à Buhl. La cité paysanne et vigneronne fait place, petit à petit, à un village d‘ouvriers (voir sous onglet « Vie économique).

En 1819, la commune de Buhl rachète le presbytère pour un montant de 9.500 frs. Cet achat est financé par la vente de l'école de garçons, rue de la Forêt. La disparition de cette école va poser d'énormes problèmes liés à l'expansion démographique du village suite à l'industrialisation. Entre 1795 et 1870 la population passe de 560 à 2450 habitants.

Entre 1854 et 1855, une épidémie de choléra frappe l'Alsace. Cette maladie fait 110 victimes à Buhl. Le cimetière autour de l'église étant devenu trop petit, la municipalité décide en 1856 d'en aménager un autre à la sortie nord ouest du village. Il est inauguré le 8 juillet 1857 par le curé François Meyer, son vicaire Michel Ulrich et le père franciscain Jean Rietschler de Guebwiller. L'ancien cimetière va être désaffecté.

En 1878 débute la construction de l'école de garçons (bâtiment situé à l'arrière de l'actuelle mairie).

1882 : c'est le début de la construction de la voie de chemin de fer Guebwiller - Lautenbach qui sera inaugurée en 1884. Lors de la même période sera construite la gare de Buhl .

Le conseil municipal décide le 13 septembre 1902 de faire installer l'électricité dans les bâtiments publics.
Le 4 juin 1909, le conseil municipal vote la construction d'une nouvelle école de filles place du marché. Les travaux débuteront en 1910; l'inauguration a lieu le 30 avril 1911.
En l'année 1912, le nombre d'habitants atteint le chiffre record de 3347 buhlois. Cette croissance s'explique par l'expansion de l'activité industrielle du travail du textile.

La commune de Buhl est la dernière commune du Florival à ne pas posséder un réseau d'eau potable capable d'alimenter toutes les habitations du village. Le conseil municipal décide le 4 février 1922 de traiter ce cas en urgence. Dans le même esprit, le conseil municipal charge le maire de se mettre en rapport avec la ville de Guebwiller pour l'installation d'un réseau de gaz domestique.

1934 (16 août) - La prison municipale sera installée de nuit dans un réduit de l'école de garçons et de jour au corps de garde.

Le 19 juin 1940, les troupes allemandes occupent le village. L'administration du village est transférée à l'Orstkommandatur située à la Sous-Préfecture de Guebwiller
La cité est libérée le 5 février 1945. C'est le sergent Leyat du 3ème groupe de Choc (ancien commando d'Afrique), commandé par le lieutenant-colonel Bouvet, qui le premier fait son entrée dans le village. L'ancien chef de corps, le général Bouvet assistera le 7 janvier 1965, aux festivités organisées à l'occasion du 20ème anniversaire de la Libération.
Le docteur Charles Buecher est nommé le 6 mai 1945, maire par intérim de la commune libérée.

Lors de la séance du conseil municipal du 9 juillet 1947, la proposition de construction d'une piscine est entérinée.
Le 29 décembre 1947, une inondation provoqua d'importants dégâts dans toute la vallée du Florival.

Le 19 février 1950 a lieu la 1ère Cavalcade carnavalesque à Buhl, bien avant celle de Mulhouse. – Toutes les associations y participent et font preuve d'ingéniosités. Le spectacle est impressionnant, des centaines de spectateurs assistent au défilé. En 1952 on comptait quelques 10.000 spectateurs. Depuis lors, l'idée a été reprise par de grandes villes.

Inauguration de la piscine communale en 1952. M. le maire et Madame plongent dans le bassin. La piscine est composée d'un bassin de 18 m. de long sur 10 m. de large (profondeur jusqu'à 2.80 m; volume 150 m3 d'eau) et d'une pataugeoire pour les plus petits de 15 m. de long sur 4 m. de large (profondeur 0.80 m).

En 1963, inauguration de la fresque murale exécutée par J.P Koenig dans la nouvelle salle de séance de la mairie. L'artiste a réussi à donner une note familière et truculente à son œuvre. Il s'amuse à transformer cette fête villageoise en kermesse; l'effet en est néanmoins réussi.

Inondations catastrophiques dans toute la région, sous l'effet du gel et du dégel, décomposition du réseau routier. Le 10 février 1970, un pont qui enjambait le Murbächlein est emporté.

Le 27 mars 1973, le calvaire situé à l'entrée du village est déplacé vers le Hügel, au dessus de l'étang des pêcheurs.

Réunion houleuse à la mairie le 31octobre 1980 pour protester contre le projet de la pénétrante.

Le 8 février 1982, lors du référendum sur le projet de la pénétrante qui contournerait une partie du village, le OUI l'emporte avec 950 voix contre 296 NON (55% de votants).
Du 13 au 15 février 1990, inondation spectaculaire causant d'énormes dégâts matériels. La Lauch sort de son lit et une partie du village se retrouve sous les eaux. La pénétrante est totalement impraticable.
Visite à Buhl le 21 janvier 1999 de Jacques Chirac, président de la République Française, dans le cadre de l'aménagement du temps scolaire.
En août 1999, on inaugure la résidence Mathias, lieu destiné à l'accueil de nos ainés encore valides.

Le 11 novembre 2008, Jacques Leyat en personne inaugure la rue du "Sergent Jacques Leyat" que lui a dédié la Commune de Buhl de son vivant .

 

 

Carte de Buhl